Mission 27

"Préserver ces astres, planètes rondes et imparfaites, grisées,
et ces 
mains, neutres, qui nous signent, décrivent des états dans un espace totalement 
calqué sur la réalité. Pas réel pourtant. Imaginaire. Miroir d’ici, irréel. Lunaire. Espace divisé et imprécis. Ces astres? Ils pourraient très bien ne pas être là. Ils représentent ce qui m’angoisse, ce qui me dépasse. Ce manque de contrôle et de définition. Ce que je ne toucherai jamais, ne verrai jamais de mes propres yeux. Intemporalité. Néant et d’un Tout à la fois. Imperfection et rondeur. Cicatrices vieillissantes. Ces êtres inatteignables ne sont que nos reflets à travers les nuages. Pas besoin d’en dire plus. Ces planètes ne sont ni la Lune, ni le Soleil. Oh non, elles n’ont pas cette prétention. Aucune prétention. eIles sont juste là, en même temps, et sans relation temporelle ni physique. Ces êtres n’existent que par la peinture, simplement.
Rondes. Lunaires. Imparfaites. Craquelées. Vieillissantes. Cicatrisées. Bienveillantes. Démesurées. Affolantes. Incontrôlables. Ressemblantes. Mais UNIQUES, chacune.
Textures. Plusieurs styles selon différentes couches. Des mélanges noirs et peu colorés pour des ciels torturés, qui cogitent, tournent en rond. Toujours de nuit. Et si c’était le jour ? Des mers d’eau, de sable, de verdures bicolores, tricolores suggérées par des « va et vient », image du clapotis des vagues, ni calmes, ni agitées. Simples et vivantes. Présentes. Là. Les mains, blanches, neutres, réalistes. Seuls quelques détails sont appuyés par des lignes contrastantes, de noir, de nuances de gris.

Les scènes sont simples. Scènes de la vie, totalement épurées. Il ne reste que des reflets de nous, « planètes » nous jugeant. Juges de notre Monde, et des mains, symboles de nos actes. Ici notre « empreinte » sur le monde actuel.

Un Monde, ou une scène du Monde, simple, épurée, avec uniquement : Notre Reflet : intemporel. Dans un espace, un ciel. Reflet qui plane et semble nous juger. Nos empreintes : présentes à l’instant T. Elles sont là, dans chaque scène. Elles sont là. Là mais sans âmes. Elles sont nos actes et les planètes notre conscience. Le Monde est notre corps. Muable. Vivant. Temporel. Le ciel torturé serait le refuge à l’intemporalité de nos âmes : juges de nos actes sur les scènes du Monde. Le Monde, c’est Nous."